Réseau Billital Maroobé Sénégal

Elementor #1544

le Sénégal pose les jalons d’un pastoralisme sécurisé

Dakar, 24 avril 2026– Un atelier national pour répondre à l’urgence pastorale

Du 21 au 24 avril 2026, le Réseau Billital Maroobé (RBM), avec ses partenaires  PRAPS2 et la FAO ont réuni à Dakar les acteurs du pastoralisme pour 4 jours d’échanges décisifs. Au menu : plantes envahissantes, Directives Volontaires, Code Pastoral et recommandations fortes pour sécuriser le foncier pastoral.

Organisé par le Réseau Billital Maroobé (RBM/Sénégal), en partenariat avec le Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté Alimentaire et de l’Élevage (MASAE) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Atelier National sur la Gouvernance Foncière Pastorale s’est tenu du 21 au 24 avril 2026 à Dakar.

Pendant 4 jours, éleveurs, chercheurs, élus locaux, partenaires techniques et financiers ont dressé un diagnostic sans concession et tracé une feuille de route pour un pastoralisme résilient, au service de la souveraineté alimentaire portée par la Vision Sénégal 2050.

 

 L’alerte est lancée – les plantes envahissantes étouffent les pâturages:

La première journée a posé le diagnostic. L’étude soutenue par le PRAPS-2, le Centre de Suivi Écologique (CSE), l’ISRA et l’UCAD a présenté les résultats des enquêtes de perception des populations sur les espèces envahissantes dans les régions de Louga et Tambacounda.

Le constat est alarmant : _Diodia scandens_ et _Hyptis suaveolens_ prolifèrent, réduisent la disponibilité et la qualité du fourrage et intoxiquent le bétail. Pour Samba Mamadou Sow, président de RBM, « cet objectif de souveraineté alimentaire est menacé si nous ne stoppons pas la dégradation des pâturages ».

Mme Dieynaba Sidibé, présidente du DIRFEL, a rappelé que les femmes pasteures subissent de plein fouet ce triple choc : raréfaction des pâturages, tarissement des mares et expansion des plantes toxiques.

Les Directives Volontaires comme boussole pour le foncier pastoral

La deuxième journée a été consacrée aux _Directives Volontaires pour une Gouvernance Responsable des Régimes Fonciers (DV)_. Les trois piliers – terres, pêches et forêts – ont été présentés comme des outils pour assurer la sécurité alimentaire et la stabilité.

Les débats ont porté sur la Plateforme nationale sur le foncier, espace de dialogue multi-acteurs, et sur la place centrale du foncier pastoral dans les DV. De nombreuses questions ont émergé sur l’actualisation du Code pastoral sénégalais pour l’aligner sur les principes des DV et sécuriser les droits légitimes des pasteurs. Pour Lamine Samaké, représentant la FAO, « utiliser des données probantes pour éclairer les politiques publiques » est le principe fondamental qui doit guider l’action.

Le cadre juridique sénégalais passé au crible

Les participants ont analysé le cadre juridique existant : 

– La *Loi n°2004-16 du 4 juin 2004* portant Loi d’Orientation Agro-Sylvo-Pastorale (LOASP) ;  – Le *Décret n°80-268 du 10 mars 1980* sur l’organisation des parcours du bétail ; 

– Le *Décret n°86-275 du 10 mars 1986* sur la mise en fourrière des animaux errants.

*Les points de blocage identifiés :*

Produits phytosanitaires toxiques* : des cas d’épandage de produits chimiques sur les champs après récolte pour empêcher le bétail d’y pénétrer ont été dénoncés. 

*Infrastructures* : les autoroutes à péage n’ont pas prévu de passages sécurisés pour le bétail, coupant les couloirs de transhumance.

*Urbanisation* : chaque commune doit obligatoirement prévoir et matérialiser les pistes à bétail dans son schéma d’aménagement.

Recommandations fortes pour l’application du nouveau Code Pastoral

La dernière journée a été consacrée à l’analyse de la nouvelle loi de décembre 2023 portant Code Pastoral et à la validation des recommandations.

  1. Application immédiate du Code Pastoral : harmoniser les textes et prendre les décrets d’application pour que les droits des pasteurs soient effectifs sur le terrain.
  2. Protection stricte des couloirs de transhumance : imposer leur prise en compte dans tous les projets d’infrastructures et les plans d’urbanisme communaux.
  3. Lutte d’urgence contre les plantes envahissantes : lancer un plan de gestion coordonné de _Diodia scandens_ et _Hyptis suaveolens_ à Louga et Tambacounda.
  4. Interdiction des produits toxiques : encadrer strictement l’usage des produits phytosanitaires qui mettent en danger la santé animale.

Un engagement collectif pour la souveraineté alimentaire.

Au terme de ces 4 jours, le constat est unanime : la sécurisation du foncier pastoral est un enjeu stratégique pour la résilience de l’élevage et la souveraineté alimentaire du Sénégal et du Sahel.

Le RBM poursuivra le plaidoyer pour que ces engagements se traduisent en actes concrets sur le terrain, au bénéfice des millions de pasteurs et agropasteurs.

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